
Comment les légendes naissent-elles ? Un murmure à la fois. Ou du moins, cela semble être le cas avec la plus célèbre pratiquante de vaudou de la Nouvelle-Orléans, Marie Laveau. Son nom est connu dans le monde entier et, bien que les faits vérifiables de sa vie soient rares, les histoires ne manquent pas sur la femme que la Nouvelle-Orléans en est venue à craindre et à aimer.
Marie Laveau ou Marie Laveaux ?
Bien que la différence d'un simple "X" ajouté ou soustrait à un nom puisse sembler insignifiante, cette seule lettre représente un schéma plus large dans la vie de Marie Laveau. C'est-à-dire que personne ne semble s'accorder sur un seul fait de sa vie.
Certains récits situent la naissance de Marie en 1783, 1793 ou 94, ou en mars 1801.
De même, à sa mort, certains ont estimé son âge à 98 ans, tandis que d'autres ont soutenu qu'elle était bien plus jeune. Quelle que soit sa date de naissance et son âge au moment de son décès, voici ce que l'on sait d'elle : elle était catholique romaine et prêtresse vaudou. C'était une femme de couleur libre, elle possédait des esclaves et soignait les malades pendant plusieurs épidémies de fièvre jaune à la Nouvelle-Orléans tout au long des années 1800. Elle a eu de nombreux enfants (les récits varient sur le nombre exact), mais seuls deux ont survécu jusqu'à l'âge adulte, deux filles, toutes deux également nommées Marie.
Elle a épousé un immigrant haïtien en 1819 dont le nom de famille était Paris et leur certificat de mariage est toujours conservé à la cathédrale Saint-Louis. Elle lui a donné deux enfants, mais tous deux sont morts jeunes. En 1820, elle a commencé à se faire appeler la Veuve Paris, bien que personne ne puisse dire si son mari est mort ou l'a abandonnée et est retourné en Haïti. Elle a hérité d'une maison sur St. Ann Street dans le Vieux Carré de sa grand-mère et y a vécu toute sa vie. Marie a ensuite contracté une union de fait avec Christophe Glapion qui a
duré près de 30 ans et, après sa mort, elle n'a plus cherché d'autre homme pendant les trois décennies restantes de sa vie.
La Légende commence
La vie décrite ci-dessus ne semble pas particulièrement remarquable, n'est-ce pas ? Mais ce sont les parties invérifiables de l'existence de Marie Laveau qui la rendent passionnante. Divers récits racontent qu'après la mort de son 1er mari, Marie est devenue coiffeuse pour faire vivre sa famille. C'est par ce métier de coiffeuse qu'elle a appris les secrets des riches foyers en offrant des cadeaux aux esclaves qui y vivaient. Lors des rendez-vous avec les femmes riches, Marie dévoilait ce que les "esprits" lui avaient dit et proposait une solution. Contre rémunération, bien sûr.
Mais d'autres affirment que les pouvoirs de Marie Laveau étaient légitimes. Elle pouvait guérir les malades avec le même pouvoir qu'elle utilisait pour maudire les malfaiteurs. Beaucoup croient qu'elle a étudié le Vaudou avec le Dr John Bayou, un homme qui aurait été à la fois un guérisseur et un prince africain. Les pouvoirs de Marie attiraient des gens de toutes les classes sociales et de toutes les races qui venaient la voir pour obtenir de l'aide pour tout, de la conservation/perte d'un amant à la certitude qu'un parent serait acquitté d'un meurtre. Quelle que soit l'issue de ces problèmes, les gens de toute la
ville étaient sûrs que Marie avait fait en sorte que les choses se passent exactement comme elle le voulait.
L'héritage de Marie Laveau
Marie Laveau règne sur la Nouvelle-Orléans dans la mort comme elle l'a fait de son vivant. Son nom est
partout et son image, sous la forme d'une peinture à l'huile, peut être vue au Cabildo à Jackson Square. Ou est-ce le cas ? Il n'y a pas de consensus sur le fait que le portrait soit réellement celui de Marie Laveau. Ceux qui l'ont connue de son vivant affirment qu'elle n'a jamais porté les foulards créoles traditionnels, ou tignons, comme la dame du portrait.
Bien sûr, il y a aussi une controverse sur l'endroit exact où Marie a été enterrée. Certains disent qu'elle repose dans le plus ancien cimetière de la ville, St. Louis No. 1, tandis que d'autres affirment qu'elle est à St. Louis No. 2. Des tombes réputées être celles de Marie peuvent être trouvées dans l'un ou l'autre, vous pouvez donc visiter les deux avant de vous faire votre propre opinion.

L'héritage de Marie est diversifié et étendu. Elle est commémorée par une boutique vaudou sur Bourbon Street qui porte son nom, dans de nombreuses chansons enregistrées par des artistes comme Dr. John, Bobby Bare et Papa Celestin, et a été portée à une plus grande attention encore par l'interprétation qu'en a faite Angela Bassett dans American Horror Story : Coven. Il semble que même dans la mort, la Reine Vaudou soit capable de conjurer autant de versions différentes d'elle-même qu'il y a de personnes qui entendent parler d'elle.
En tant que femme dont la réputation l'a toujours précédée, je doute qu'elle l'aurait voulu autrement.
