La Reine du Vaudou : Marie Laveau
À l'approche d'Halloween, il existe peu de meilleurs endroits au monde pour célébrer que les rues sacrées et hantées de la Nouvelle-Orléans. Abritant fantômes, sorcières et vampires, la Nouvelle-Orléans est pratiquement la capitale de l'effrayant. Et au cœur de tous nos récits terrifiants se trouve la « Reine vaudou de la Nouvelle-Orléans » elle-même, la tristement célèbre Marie Laveau, prêtresse vaudou extraordinaire.
La vérité nue
Les célèbres visites nocturnes hantées du quartier français de la Nouvelle-Orléans offrent une vision quelque peu sensationnaliste de la prêtresse vaudou, mais la vérité sur la vie de Marie Laveau est bien plus terre-à-terre. Fille de Marguerite Henry, esclave affranchie, et de Charles Laveaux, homme d'affaires mulâtre local, Marie est née le 10 septembre 1801. On sait peu de choses sur sa jeunesse, mais en 1819, à l'âge de 18 ans, Marie a épousé l'immigrant haïtien Jacques Paris et ensemble, ils ont eu deux filles. Malheureusement, cette vie de famille n'a pas duré longtemps pour Marie; ses deux filles sont mortes en bas âge et Jacques a mystérieusement disparu en 1924. Beaucoup pensaient qu'il était mort, y compris Marie elle-même, mais certains supposent qu'il a en fait abandonné Marie après la mort de leurs enfants.
Après la disparition de Jacques, Marie est devenue autonome en travaillant comme coiffeuse. Elle a servi une grande partie de l'élite de la Nouvelle-Orléans en tant que veuve Paris et a gagné sa vie en coiffant les dames de la haute société blanche.
Marie ne resta cependant pas célibataire très longtemps. En 1826, elle contracta un mariage de fait avec un descendant de noble français, Louis Christophe Dominic Duminy de Glapion. Bien qu'elle n'ait jamais pris son nom, le couple eut 7 enfants connus ensemble. Seules deux de ces enfants sont connues pour avoir survécu jusqu'à l'âge adulte : leurs filles Heloise Euchariste et Marie Philomène.
Pendant la majeure partie de sa vie, Marie Laveau a vécu dans le Vieux Carré, aujourd'hui connu sous le nom de French Quarter, sur la rue St. Ann, entre Rampart et Burgundy. C'est de cette maison qu'elle coiffait et servait les clients en quête de ses compétences en vaudou. Elle organisait des consultations depuis son salon, offrant des divinations, des rituels de guérison et de petits travaux d'enchantement.
Contrairement à la croyance populaire, Marie était en fait une fervente catholique romaine. Elle a embrassé ses traditions culturelles africaines et sa spiritualité à travers le vaudou, tout en étant une participante régulière aux messes catholiques à la cathédrale Saint-Louis sur Jackson Square. À travers le vaudou et la religion catholique, Marie a passé sa vie à aider les autres, soignant les malades, réconfortant les émotifs et même s'occupant des criminels dans le couloir de la mort.
À peine octogénaire, Marie est décédée le 15 juin 1881. Ses funérailles ont eu lieu à la cathédrale Saint-Louis et elle a été inhumée dans la crypte Glapion du cimetière Saint-Louis (numéro 1). Bien qu'elle soit devenue une légende exagérée de la Nouvelle-Orléans, beaucoup pensent que Marie devrait être canonisée comme sainte pour son vaste et perpétuel travail humanitaire.
Faites-vous du Vaudou ?
Marie Laveau a appris le vaudou auprès du docteur vaudou John Bayou. Elle a étudié pendant cinq ans, devenant officiellement prêtresse vaudou en 1830. Son travail mélangeait ses penchants catholiques avec ses racines africaines ; elle a incorporé de l'eau bénite et de l'iconographie chrétienne dans ses sortilèges. En faisant cela, elle a rendu ses pratiques plus accessibles aux clients de la haute société et à la communauté religieuse en général.
Une grande partie de son travail comprenait la divination et les gris-gris (ou charmes). Ces charmes allaient des sorts d'amour aux malédictions pour les ennemis. Marie a également dirigé des célébrations spirituelles dans la ville, y compris des réunions vaudou mensuelles à Congo Square, ainsi que la fête du solstice d'été pré-chrétienne appelée la veillée de la Saint-Jean où elle exhortait ses fidèles à communier avec les esprits par la danse et la musique.
Dissiper les mythes
Ce n'est qu'au XXe siècle que Marie Laveau a acquis les accolades infâmes dont nous nous souvenons souvent aujourd'hui. La peur du vaudou et la tendance de la Nouvelle-Orléans à embellir ont transformé Marie Laveau en une sorcière vaudou charmeuse de serpents dotée des pouvoirs d'un dieu. On dit même que sa magie vaudou a causé la mort d'un gouverneur de Louisiane.
En réalité, une grande partie de ses « pouvoirs » provenait du vaste réseau qu'elle avait bâti en tant que coiffeuse. De ses clients fortunés qui la considéraient comme une confidente, à leurs domestiques qui étaient heureux de colporter des ragots pour de l'argent, Marie recevait constamment d'énormes quantités d'informations intimes. Connaître les potins illicites de la ville lui a permis de développer un acte de divination très convaincant, et avoir une longueur d'avance sur la vie privée des classes supérieures de la Nouvelle-Orléans a facilité pour Marie d'inspirer la révérence à ses partisans et le respect au sein de la communauté.
Même aujourd'hui, sa tombe figure parmi les plus visitées des États-Unis et elle reste une figure historique largement admirée. Son portrait a été adapté dans d'innombrables histoires et films de la Nouvelle-Orléans, notamment la saison 2014 d'American Horror Story intitulée Coven. Les fans affluent à St. Louis #1 pour déposer des bibelots pour son esprit. Le conte le plus durable de tous est peut-être que si vous marquez sa tombe d'un triple « X », elle exaucera vos plus grands souhaits d'outre-tombe.